Ce que les pays africains peuvent apprendre des leaders continentaux de l'administration en ligne

La mise en œuvre réussie de l'administration électronique promet une série d'avantages reconnus, notamment une meilleure efficacité du secteur public, des services plus accessibles, une participation citoyenne accrue, ainsi qu'une réduction de la charge administrative pour les entreprises privées, favorisant ainsi l'investissement et l'emploi. Cependant, bien que la plupart des pays africains aient commencé à offrir des services publics en ligne, les progrès sont lents et inégaux.

Les principaux obstacles à l'administration électronique

Le récit dominant concernant les obstacles à l'administration électronique en Afrique évoque généralement une série de défis exigeant des investissements à long terme : infrastructures inadéquates, interopérabilité insuffisante des systèmes, fracture numérique, pénurie de compétences et cadres réglementaires incomplets. De plus, la corruption est également perçue comme un frein majeur au processus de numérisation. Ces facteurs existent bel et bien, par exemple l'instabilité de l'approvisionnement en électricité dans les zones rurales qui rend difficile le fonctionnement fiable de l'Internet à large bande.

Cependant, l'utilisation créative de la technologie peut aider à résoudre bon nombre de ces défis. Par exemple, les problèmes d'interopérabilité peuvent être traités grâce aux services Web ; les applications mobiles hors ligne et d'autres innovations de « dernier kilomètre » peuvent soutenir les administrations locales en milieu rural dans la fourniture de services numériques. Par ailleurs, les tendances récentes en matière de financement et les nouveaux engagements indiquent que la stratégie de transformation numérique de l'Union africaine bénéficiera d'un soutien à grande échelle.

Les leaders africains : Maurice, l'Afrique du Sud, les Seychelles et la Tunisie

Cet article examine l'expérience des pays africains les plus performants en matière d'administration électronique, en s'appuyant sur des recherches secondaires, des entretiens et l'analyse des données des indices mondiaux d'administration en ligne. Quatre pays africains obtiennent un score supérieur à la moyenne mondiale dans l'indice de développement de l'administration en ligne (EGDI) des Nations Unies : Maurice, l'Afrique du Sud, les Seychelles et la Tunisie.

Maurice et les Seychelles obtiennent des scores extrêmement élevés dans les dimensions du capital humain et des infrastructures de télécommunications, avec un grand nombre d'internautes et d'abonnements à la téléphonie mobile. L'Afrique du Sud arrive en tête des quatre pays pour le score EGDI global, mais affiche des résultats équilibrés dans les sous-indices, ce qui reflète une performance globale solide. La Tunisie, bien que légèrement en retrait, figure également parmi les premiers grâce à son cadre institutionnel solide et à son niveau de compétences élevé.

Méthodologie de recherche : se concentrer sur l'administration électronique au niveau opérationnel

Les auteurs ont décomposé les données de trois indices mondiaux — l'EGDI des Nations Unies, l'indice de maturité GovTech de la Banque mondiale et l'indice national de cybersécurité de l'Estonie — en se concentrant sur les fonctions spécifiques et la performance opérationnelle de l'administration électronique. Contrairement à l'approche dominante du « gouvernement dans son ensemble », cet article souligne qu'il est réaliste et économique d'améliorer à court terme l'expérience des utilisateurs dans les services gouvernementaux aux citoyens (G2C) et aux entreprises (G2B).

À cette fin, les auteurs proposent un cadre décisionnel hiérarchique de l'administration électronique, qui divise les systèmes en trois niveaux : interface, échange de données et infrastructure. Chaque niveau comprend plusieurs modules fonctionnels indépendants mais capables de fonctionner ensemble. Ce cadre ne présuppose aucun ordre de mise en œuvre ; il est spécifiquement conçu pour aider les décideurs non techniques à prendre des décisions techniques et opérationnelles. En modularisant des systèmes complexes, les gouvernements peuvent investir de manière plus ciblée dans les services dont les utilisateurs ont le plus besoin et conserver la maîtrise de leur vision à long terme.

Recommandations politiques et conclusionPour les décideurs politiques africains qui souhaitent maximiser le retour sur investissement de l'administration électronique, cet article recommande d'adopter le cadre susmentionné, en plaçant les besoins des utilisateurs au centre et en donnant la priorité à la résolution du problème du « dernier kilomètre » des services publics. Plutôt que d'attendre une intégration parfaite de tous les secteurs, il vaut mieux commencer par des processus en ligne simples et accumuler progressivement de l'expérience et de la crédibilité.

Enfin, le facteur clé du succès de l'administration électronique dans les pays africains ne réside peut-être pas dans la coordination des institutions publiques ou dans la manière dont elles partagent les données, mais dans leur capacité à rester constamment attentives aux besoins réels des citoyens et des entreprises, et à y répondre de manière simple et peu coûteuse.

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Sources

https://afripoli.org/what-african-countries-can-learn-from-the-continents-top-performers-in-e-government